Fugitives
Bienvenue sur Fugitives 2.0

Que tu sois Fugitiviens, Fugitivienne ou simple passant, nous te souhaitons de passer un agréable moment dans notre univers !

Mais hé ho... approche, je vais te dire un secret que tu as le droit de partager autours de toi, si si je te jure que c'est vrai.... : il parait que y'a une ambiance de folie ici et que les membres sont super actifs !!!

Incroyable pas vrai ? Bah alors qu'est ce que tu attends ? Rejoins-nous vite !

En tous les cas merci de ta visite et je suis pressée de te revoir bientôt !

La Destinée


HEY Invité !!! Oseras-tu nous rejoindre et risquer ta vie ?
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Drink up (coffee) my hearties yo oh! [ Tyler & Selah ]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Selah E. Eastlake

avatar

Sexe : Féminin Messages : 24
Points RP : 15
Date de naissance : 25/07/1993
Date d'inscription : 25/04/2011
Age : 25

Vos papiers s'il vous plaît !
Groupe d'appartenance:
Âge du personnage: 25 ans
Fonction au sein de votre groupe:

MessageSujet: Drink up (coffee) my hearties yo oh! [ Tyler & Selah ]   Sam 30 Avr - 12:17

&



Il faisait sombre, et s'il ne pleuvait, pas un crachin plus que désagréable poissait mes cheveux et en collait de longues mèches sur mon visage. J'étais appuyée contre un de ses murs crasseux dans un ruelle anonyme, en essayant de retrouver mon souffle. Avec un coup d'oeil méfiant, je regardais à l'angle si une silhouette tout en noir, éventuellement munit d'un fusil d'assaut, se profilait. Rien. Presque reconnaissante, je m'affalais par terre.
Toute la journée et une grosse partie de la nuit, je m'étais employée à éviter la milice du Centre. En même temps je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même et à mon imprudence.

A la base j'étais enfermée dans mon hôtel à regarder la télé, quand la pub est passée. Celle pour le dernier ordinateur portable. De la taille d'un agenda, plus fin que n'importe quel carnet, comprenant une mémoire impressionnante et à la connexion fabuleuse. On pouvait dire que j'en étais tombée amoureuse (mon meilleur ami est un téléphone portable, alors s'amouracher d'un ordinateur n'a rien de bien surprenant...). Du coup, ni une ni deux, j'avais enfilé les premières fringues qui m'étaient tombées sous la main et quasiment couru dans le magasin d'électronique le plus proche.
Ma recherche ne dura pas longtemps : la foule entourant le présentoir me mit évidemment sur la bonne piste. Émerveillée par ce nouveau joujou, je pris directement l'un des emballages. Mon carton sous le bras je m'éloignais ensuite, un (rare) sourire aux lèvres. C'est au moment de passer à la caisse que je me rendis compte de mon erreur : les caméra de surveillance. Je les avais complètement oublié. Heureusement pour moi la caissière, d'abord tout sourire, afficha soudainement une grimace d'angoisse en avisant un homme de haute stature, tout en noir, et s'évertuant manifestement à sortir quelque chose de l'intérieur de son manteau. Immédiatement, je jetais un coup d'oeil circulaire... pour constater qu'il n'était pas seul. Je comptais cinq de ses confrères, et puis décidais d'abandonner (à regret) mon tout nouvel ami pour me mettre à courir.
Fine comme j'étais, je pus me glisser sans encombres dans la foule avant de parvenir au fond du magasin. Pour l'instant aucun de ces agents du centre n'étaient en vue, mais je savais pertinemment que ce n'était qu'une question de temps. Mon coeur cognait frénétiquement dans ma cage thoracique, tandis que j'essayais de réfléchir à une solution. Mais tout ce qui me venait en tête était pourquoi ces agents étaient ici. Cela faisait plus de deux semaines que je n'avais eu aucun ennuis, et j'étais sûre d'être parvenue à me camoufler dans la jungle urbaine de Washington. Ce n'était donc peut-être pas forcément moi qu'ils attendaient. Ça ne pouvait pas être le cas.
Je me décidais finalement à emprunter la première porte que je trouvais. Heureusement pour moi, il y avait un plan des sorties de secours sur l'un des panneaux de l'entrée du magasin. Je l'avais regarder distraitement , mais assez longtemps pour le mémoriser. Normalement, une fois avoir tourné deux fois à droite je devrais tomber sur... bingo! La sortie de secours, plongée dans la pénombre avec seulement sa veilleuse pour éclairer, paraissait me tendre les bras. Je me précipitais sur elle et... rebondit dessus. Affolée comme j'étais, je ne m'étais même pas rendue compte de la serrure électronique qui la maintenait fermée. Et moi qui pensais que les issues de secours devaient toujours être ouvertes!
Je mis donc mon donc de technopathie en action. En un clin d'oeil la porte s'ouvrit docilement avant de se refermer dans mon dos avec un claquement définitif. Plutôt normal puisque je lui avais ordonné de se verrouiller après moi.
Et la suite? Elle se résume simplement à une nuit sans sommeil, à courir de ruelles miteuses en ruelles crasseuses afin d'échapper aux chasseurs....

C'est avec soulagement que je vis l'aube se lever. Les rayons, pourtant faiblards, me paraissaient d'une clarté aveuglante pour mes yeux fatigués. Péniblement, je me remis debout et regagnais la rue adjacente. Il n'y avait que de rares passants, allant ou revenant de leur boulot. A ma droite j'avisais un café ouvert. J'y pénétrais en traînant des pieds.
Le reflet que je surpris dans la vitrine me fit l'effet d'un électrochoc : devant moi se tenait une silhouette mince, presque maigre, une cascade de cheveux rendu noirs par la pluie pendant platement sur ses épaules. Mais ce qui choquait le plus n'était pas sa posture courbée, harassée, mais plutôt l'éclat presque démentielle qui brillait dans ses yeux. La flamme de la survie pure et dure. Je mis un instant à comprendre que ce reflet c'était moi. Je ne me pensais pas si proche de l'animal traqué. Pourtant c'était exactement ce que j'étais aux yeux du Centre, et sûrement à ceux des passants.
Inquiète à l'idée d'attirer l'attention, je rabattis la capuche de mon sweat zippé avant d'entrer. A l'intérieur il faisait chaud. Rapidement j'identifiais chaque client. Cela ne me prit pas énormément de temps car il n'y en avait que quatre en dehors du personnel. Une grosse dame, affublée d'un caniche nain, édentés (tous les deux), un jeune couple prenant manifestement leur premier petit déjeuner ensemble et un jeune homme dos à l'entrée dont je ne pus que distinguer la chevelure brune. Immédiatement, je pris la table la plus reculée de l'entrée , mais également la plus proche de la cuisine (qui disait café disait cuisine miteuse, et donc forcément une sortie pour évacuer leurs ordures au moins aussi comestibles que ce qu'ils servaient).
Une serveuse au sourire lumineux, que je rebaptisais immédiatement Blondie, vint m'apporter la carte. J'étais crevée et mon ton déjà désagréable habituellement se fit carrément acide.

- Pas la peine. Un grand café noir. Et beaucoup de sucre.

Le sourire de Blondie se fana un peu mais tint toujours en place. Deux minutes plus tard, un grand mug à l'effigie de l'actuel président trônait devant moi. Comme pour me narguer. Mais faisant preuve d'un self-control plus qu'admirable, je le portais à mes lèvres pour boire une longue gorgée brûlante. Immédiatement je grimaçais. Le mélange était trop amer. Ma nouvelle amie barbie se présenta de justesse (c'est à dire avant que je ne décide d'aller lui dire de se bouger... De façon moins poétique) avec le sucrier (bon OK c'était des dosettes, mais le résultat est le même). Je m'empressais de verser/ touiller/ reverser l'intégralité de saccharose qu'elle m'avait apporté avant d'enfin pouvoir déguster ma tasse. Je pris un malin plaisir à baver sur la tête de ce cher président en laissant dégouliner le café sur son visage(on s'amuse comme on peut), et enfin la reposais bruyamment sur la table. Cela fit sursauter la grosse dame et japper son cabot, tandis que l'homme mystérieux (j'avais rebaptisé le brun ainsi) se retournait tranquillement.
Et là je fus totalement scotchée. Pas parce qu'il était plutôt (beaucoup) agréable à regarder, ni parce que son expression de frustration permanente qui dessinait un plis maussade sous sa bouche était identique à la mienne, mais à cause de son regard. D'un bleu limpide et pourtant pouvant sembler orageux, il était hypnotisant. Assurément j'étais sous le charme (l'indice? Ma bouche ouverte) et pourtant je lui retournais un regard assassin, et la réplique la plus spirituelle qu'on pouvait trouver dans ce genre de cas :

- Qu'est-c' que t'as à me regarder comme ça?

Sans déconner je crois que la partie de mes neurones contrôlant mon ironie habituelle devait être en train de me lâcher. Sans me départir de mon flegme apparent, j'hélais d'un signe de main Blondie, en lui demandant la même chose. Et l'autre psychopathe qui me fixait toujours...


Dernière édition par Selah E. Eastlake le Mar 10 Mai - 4:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tyler A. O'Connor

avatar

Sexe : Masculin Messages : 26
Points RP : 6
Date de naissance : 01/04/1993
Date d'inscription : 25/04/2011
Age : 25

Vos papiers s'il vous plaît !
Groupe d'appartenance: Humain
Âge du personnage: 24 ans
Fonction au sein de votre groupe:

MessageSujet: Re: Drink up (coffee) my hearties yo oh! [ Tyler & Selah ]   Dim 8 Mai - 20:41

Affalé dans mon sofa, j'ouvrais enfin les yeux pour la première fois de la journée alors qu'il était déjà quatre heures de l'après-midi. Je baillai bruyamment et m'étendais avec la grâce d'un hippopotame pour finir par me lever tant bien que mal. Je m'avançais jusqu'à ma cuisine en traînant les pieds et je me servais une grande tasse de café noir. Son goût amer me fit grimacer mais il n'y avait rien de tel pour réveiller l'intégralité de mes neurones. Je m'ébrouais et me dirigeais vers ma salle de bain pour me rafraîchir et oublier cette nuit d'insomnie. Sous la douche, je repensais à la soirée d'hier, passée dans un bar à enchaîner les Vodka et à draguer des inconnues qui ne me plaisaient même pas. Quelle vie ! Je coupais l'eau et je m'emballais soigneusement dans une grande serviette de bain chaude. Cette sensation était réconfortante, bien que les courbatures de la veille était toujours présentes. Je me séchais en vitesse et enfilais une chemise et un vieux jean, que je devrais de toute façon bientôt retirer. Je passais mes mains dans mes cheveux, pour éviter que ceux-ci paraissent trop en bataille et je quittais la pièce en prenant soin d'éteindre la lumière. J'attrapais ma veste que j'enfilerais en dévalant les escaliers de l'immeuble et je sortais de mon appartement en claquant la porte. Le restaurant dans lequel je travaillais se trouvait à quelques rues de chez moi, alors j'y allais à pied. De toute façon, je n'aimais pas assez les gens pour prendre les transports en commun et avec mon salaire de misère, acheter une voiture, n'en parlons même pas.

Je pénétrais dans l'établissement en faisant la gueule, comme d'habitude, ce que remarqua assez vite le chef qui me mit une claque sur la tête pour me remettre les idées en place. Je grommelai et il me menaça de me botter le cul si je n'arrêtai pas tout de suite de faire mon malin. Cause toujours vieux débris, va. J'enfilais mon tablier et me mettais aux fourneaux. On aurait peu de clients ce soir, je le savais. Les rues étaient agitées en ce moment et les gens ne prenaient plus le temps de se poser pour aller au restaurant. Ce genre de sortie était devenue obsolète, ce qui ne faisait ni les affaires du chef, ni les miennes. On resta quand même tous en cuisine jusqu'à minuit. Je ne pouvais pas blairer les deux autres andouilles qui travaillaient avec moi alors ces soirées devenaient rapidement assez pénibles. D'abord, Anna, ex et ancien plan cul avait du mal à digérer que je l'ai larguée sans raisons du coup, elle me refile toujours les oignons à éplucher. Ensuite, Jerry, grand maladroit qui m'a renversé plus d'une fois de l'eau bouillante sur les mains en s'excusant comme un nigaud. Rester loin de moi aurait suffit. A 00 : 12, je quittais mes casseroles pour retrouver mon bar préféré avant d'aller me coucher. Il n'y avait qu'un autre pété au comptoir, à moitié entamé qui s'en alla dès que j'eus posé mes fesses sur un tabouret. Le serveur était un ami de longue date alors il me laissa m'asseoir malgré l'heure de fermeture qui était passée depuis quinze bonnes minutes. Je commandais une Vodka et au bout du troisième verres, ma tête tomba lourdement sur le comptoir et je me laissais enlacer par les bras de Morphée.

Je fus réveillé en sursaut pas une main secouant violemment mon épaule. Je me relevais précipitamment, manquant de tomber de mon tabouret et je cherchais du regard qui était le petit merdeux qui me dérangeait. Mon ami serveur - non, je ne me souviens pas de son prénom... - me dévisageait l'air sévère en tapotant sur le cadran de sa montre avec son index. Je levais les yeux au ciel et quittais le bar sans un merci. J'avais besoin d'un café pour me réveiller, encore une fois, alors je me traînais à travers les rues pour tenter de retrouver mon appartement. J'étais complètement désorienté et le soleil se levait déjà. Je cherchais alors plutôt un café où je pourrais me poser et me réveiller dans le calme. Je poussais la porte du moins rempli et je m'installais à une table. Une serveuse blonde décolorée s'approcha de moi et ses lèvres parfaitement glossées s'étirèrent en un sourire hypocrites, dévoilant une série de dents trop bien alignées. Elle tenait son petit carnet entre ses fines mains manucurées et je lui demandais alors de m'apporter un café, avec un croissant tant qu'à faire. Elle acquiesça et retourna derrière son comptoir. C'est alors qu'une femme fit son entrée en traînant les pieds par terre, s'installant à la table juste à coté de moi. Elle remballa froidement la serveuse qui m'apporta ma commande quelques minutes plus tard. Je plaçais mes mains autour de ma tasse pendant que la demoiselle à l'humeur de chien faisait grincer sa cuillère. Je me retournais soudain pour lui sortir un « T'en as pas marre, non ? » agressif mais rien ne sortit de ma bouche lorsque je découvris son visage. A la fois doux mais laissant tout de même apparaître quelques traits plus marqués, qui démontraient qu'elle avait du vivre pas mal d'évènements difficiles. Ses yeux, bordés de fatigue, avait conservé leur charme et la regarder fut un vrai plaisir, jusqu'à ce qu'elle le remarque et s'emporte:

- Qu'est-c' que t'as à me regarder comme ça?

Je ne répondais pas et soutins son regard noir. J'éclatais de rire. Je me levais, tenant toujours ma tasse de café et je jetai un coup d'oeil dans la pièce, la laissant espérer que je m'en irais. Je me retournais alors vers cette inconnue et je m'installais tout naturellement à sa table. Un large sourire se dessina sur mes lèvres et je me penchai vers elle comme pour lui confier un secret. Mes yeux pétillaient comme jamais en croisant son regard. Je lui murmurais:

- T'énerve pas comme ça, la naine. Tu dois pas avoir beaucoup d'amis si tu tires toujours cette gueule alors, si tu veux mon avis, arrête de faire cette tête et souris. Je suis peut être le seul mâle de cette pièce à avoir remarquer que t'étais sexy sous ton gros sweat de mec.

Je reposais mes fesses sur la chaise et je chopais un des sachets de sucre de la jeune femme sans même lui demander son avis. Je l'éventrais et vidais son contenu dans le liquide noir fumant. Puis, je relevais les yeux vers elle:

- En plus, c'est toi qui me matait depuis tout à l'heure alors fais pas la coincée méga choquée. Ca marche pas ce genre de conneries avec moi, ma douce.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Selah E. Eastlake

avatar

Sexe : Féminin Messages : 24
Points RP : 15
Date de naissance : 25/07/1993
Date d'inscription : 25/04/2011
Age : 25

Vos papiers s'il vous plaît !
Groupe d'appartenance:
Âge du personnage: 25 ans
Fonction au sein de votre groupe:

MessageSujet: Re: Drink up (coffee) my hearties yo oh! [ Tyler & Selah ]   Mar 10 Mai - 4:31

Je crus halluciner quand l'homme vint s'asseoir en face de moi. A ma table. Dans mon espace vital. Encore plus quand il commença à s'approcher et ouvrir la bouche pour me lancer un mélange de compliments et de moqueries.
J'en profitais pour le détailler. Sexy? Une évidence. Son visage me faisait penser aux portraits de poètes maudits et autres artistes torturés en tout genre : beau, ténébreux... et assurément tête à claque. Je du me faire violence pour ne pas lui allonger une tape sur la main quand il s'empara d'une de mes précieuses dosettes de sucre (j'avais conscience d'être une névrosée, pas la peine d'en informer tout le monde). Comme si de rien n'était il continua à faire la conversation (si il pouvait en exister sur un ton aussi ironique) tandis que je le fixais, les yeux plissés par l'agacement. Une fois qu'il eu terminé sa tirade je n'y tins plus, et lui retournais la politesse.

- Le seul mâle hein? Pas très dur en même temps, entre l'ado prépubère avec sa copine et le vieux barman sûrement aveugle, tu ne peux qu'être le seul représentant de la gente masculine. Après tout, tu en as manifestement l'égo et la grande gueule qui la caractérise. Quoique, pour le reste je suis sceptique...

Comme pour clore la discussion je portais à nouveau mon mug aux lèvres. Avant de me rendre compte qu'elle était vide. Maintenant contrariée, je fis encore une fois signe à Blondie, qui avait apparemment choisit de me snober. Avec tout le self-control dont je pouvais faire preuve après une nuit pareille je réussis à articuler un « mademoiselle » presque poli. Enfin, au moins sans crier. Radoucie, elle daigna pivoter sur ses talons hauts et m'assura que mon café arrivait.
Je soupirais discrètement en me retournant vers mon « envahisseur »et remarquais qu'il me fixait toujours. J'aurais pu me montrer désagréable, mais l'étincelle d'amusement mêlée d'intelligence qui teintait ses yeux m'hypnotisait. Blondie me fit revenir sur terre en posant la tasse fumante sur la table. Je lui retournais un sourire vipérin. Je n'avais pourtant rien contre les serveuses en général. Seulement contre les blondes, avec un badge en plastique indiquant le nom de « Shirley » et qui arboraient un sourire hideusement heureux à sept heures du matin. Du genre qui clame « je suis belle et bien dans ma peau, enviez moi, enviez moi! ». Bon sang, j'avais vraiment l'impression que le destin avait choisit de m'emmerd...m'embêter.
Une fois de plus, je déchirais machinalement le papier d'un sachet de sucre, de deux, trois... Au bout du sixième je m'estimais satisfaite et tournais ma cuillère. Le son du métal raclant l'émail semblait désagréable aux oreilles de mon voisin. Tant mieux. Je n'allais pas chercher à renouer la conversation. J'étais trop fatiguée pour ça. Ni me présenter. Trop prudente. Bien que cela fasse maintenant plusieurs heures que j'étais tranquille, je restais sur mes gardes. La dernière chose dont j'avais envie, c'était de me faire prendre dans ce café miteux. On trouvait tout de même plus glorieux pour fin.

Cela faisait maintenant plusieurs minutes que je sirotais pensivement ma grande tasse fumante. Je sentais clairement la caféine circuler dans mes veines. Toutefois celle-ci n'avait que le simple effet de maintenir mes yeux ouverts (la consommation abusive de ce produit pendant plusieurs années avait sûrement du en altérer les bienfaits). Je sentais que si je me laissais aller je m'endormirais très certainement sur cette table graisseuse, avec pour spectateur cet agaçant, mais intéressant, individu aux yeux azurés. Je me trouvais donc une occupation en scrutant la ruelle. Les passants commençaient à affluer, ce qui rendait plus difficile de repérer les silhouettes noires des agents. Bof, j'étais tellement fatiguée, que de toute façon en cas de confrontation je ne pourrais certainement que faire trois pas avant de m'écrouler.

Mon ventre se mit à grogner. Résignée, je commandais donc une tartelette au citron, tout en continuant à ignorer le brun en face de moi. Méthodiquement, je la découpais à la petite cuillère jusqu'à en avaler la dernière miette, en dépit de la boule d'anxiété m'obstruant la gorge.
Je sentis une pointe d'agacement naître sous le regard toujours insistant de mon interlocuteur. N'y tenant plus je lui décochais de nouvelles amabilités.

- Bon qu'est-ce qu'il y a? T'es un de ces tordus qui traînent pendant la nuit à la recherche de filles à découper? Ou alors tu cherches juste à emmerder la première personne qui te revient pas? Non, je dis ça simplement parce que je ne me rappelle pas de t'avoir invité à venir t'asseoir...

Je me raidis brusquement au son de la porte qui s'ouvrit. Presque craintivement je scrutais la personne qui venait d'entrer. C'était un homme, un géant jonglant certainement entre ses deux neurones qui fixait attentivement chaque client attablé. Paniquée je jetais un coup d'œil à la porte de la cuisine. Elle était trop loin, et l'intrus trop près pour que je puisse espérer m'enfuir. J'étais persuadée qu'il s'agissait d'un homme de terrain, et son regard n'allait pas tarder à me voir. Consciente que je jouais ma dernière chance, je me penchais par dessus la table, glissais mes paumes sous le visage de l'inconnu et l'embrassais.
Étrange comme réaction? Pas tellement. Je connaissais mon profil au Centre : brillante, mutante, mais également misanthrope, ayant horreur du moindre contact humain. J'étais donc persuadée qu'aucun d'entre eux ne s'attende à me trouver en train d'embrasser à pleine bouche un parfait inconnu. Je ne parvins d'ailleurs pas à analyser sa réaction. Pas plus que la mienne, car ce n'était pas du dégoût qui m'envahit, contrairement à ce que je m'attendais. Un délicieux picotement me parcouru plutôt, comme un léger courant électrique qui hérissait tous les sens. Pourtant je n'en profitais pas davantage, car dès que la porte se referma je m'écartais vivement.
Soulagée je retombais sur ma chaise. Mon expression oscillant entre l'embarras et le défis, j'osais relever la tête vers mon sauveur improvisé. Je lui accordais même un « désolée » lâché à contre-coeur. Bon d'accord, il y avait plus normal pour faire connaissance, mais après tout n'étais-je pas considérée comme une anomalie au sein de la société?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tyler A. O'Connor

avatar

Sexe : Masculin Messages : 26
Points RP : 6
Date de naissance : 01/04/1993
Date d'inscription : 25/04/2011
Age : 25

Vos papiers s'il vous plaît !
Groupe d'appartenance: Humain
Âge du personnage: 24 ans
Fonction au sein de votre groupe:

MessageSujet: Re: Drink up (coffee) my hearties yo oh! [ Tyler & Selah ]   Ven 20 Mai - 21:24

Dès que je quittais mon antre pour m'aventurer dans le monde réel, je m'arrangeais toujours pour ne jamais être accompagné. La présence d'une autre personne à ma table devenait vite insupportable et je devenais assez rapidement, moi-même, invivable. J'aimais la solitude et faire fuir tous ceux qui osaient m'approcher. D'ailleurs, j'eus beaucoup de mal à croire que j'étais venu m'installer en face de cette inconnue spontanément, sans que personne ne m'y oblige. A vrai dire, j'en avais même crevé d'envie. Dès que j'avais croisé son regard froid, j'avais eu envie de savoir qui elle était. Qu'est ce que ça pouvait bien me foutre? Je n'en savais rien mais même si elle avait su éveillé en moi une sociabilité jusque là inconnue, je n'allais pas me montrer plus tendre pour la cause. Savoir où se trouvaient ses limites était devenu mon jeu et en me répondant, ou même simplement en soutenant mon regard, elle y participait indirectement. D'ailleurs, elle ne put retenir une réplique bien sèche, remettant en question ma virilité. J'éclatais de rire et bus une nouvelle gorgée de café avant de répondre:

- Une naine névrosée qui s'énerve, c'est trop sex...

J'avais dit ces quelques mots à voix basse, dans un soupir, comme une confidence. Je lui avais sorti mon sourire le plus niais mais aussi le plus énervant. J'avais placé mes coudes sur la table et entrelacé mes doigts afin que ceux-ci soutiennent mon menton. Je continuais à la fixer, juste pour le plaisir - et aussi un peu pour l'ennuyer - étant certain que ça finirait par la rendre dingue. A moins qu'elle le soit déjà..? Elle commanda un nouveau café au goût comparable à ce que mon chien pouvait boire dans la cuvette des chiottes de mon appartement et y versa encore trois tonnes de sucre. Je n'eus pas le temps de compter les petits sachets qu'elle s'amusait à déchirer depuis quelques minutes mais ce spectacle était fascinant. Les mâchoires serrées, je murmurais très faiblement entre mes dents, sans cesse: « Naine, névrosée, naine, névrosée,... ». Très vite, ce petit jeu la mit à bout de nerf et elle me lâcha encore quelques douces paroles qui sifflaient avec grâce jusqu'à mes tympans comme la brise d'automne.

Ou pas.

Elle me demanda si je ne faisais pas partie de ces cinglés qui découpaient des inconnues pour jouer à Docteur Maboul la nuit venue. Elle me rappela également qu'elle ne m'avait jamais invitée à la rejoindre, comme si j'avais besoin de son autorisation pour venir l'emmerder. Je la regardais dévorer sa tartelette au citron jusqu'à la dernière miette en écarquillant les yeux et je répondais:

- Eh bien, on peut dire que t'as de l'appétit. J'aime ça. Tu seras un peu plus dodue quand je te ferais griller au four pour te manger demain soir.

Non, tripoter des viscères, ça n'a jamais été mon truc mais croquer des filles comme elle, ça, oui! Elle était franchement appétissante malgré ses cernes, ses joues creusées par la fatigue et son odeur corporelle empestant la trouille. Je n'avais pas bougé d'un poil devant tout à l'heure et je l'observais toujours. Un grand gaillard bâti comme une armoire à glace entrant dans le café me sortit de ma rêverie. Il jeta un coup d'oeil dans la pièce, dévisageant chacun des clients comme si nous étions des extra-terrestres. Ce n'était pas la première fois qu'il y avait ce genre de visite ici et ça devenait de plus en plus louche à force. Je m'étais imaginé des tonnes de scénarios qui n'eurent jamais aucune fin. Pourtant, cette fois-ci, l'histoire avait pris une tournure inattendue. Des lèvres s'étaient posées sur les miennes sans que je ne m'y attende, sans que je ne puisse m'y préparer. Des lèvres douces et fines, celles de cette inconnue. J'hésitais d'abord à me reculer mais je n'en n'eus aucune envie. Je ne cherchais pas d'explications et je me laissais faire jusqu'à ce qu'elle me libère enfin. Je restais un moment figé dans la même position alors qu'elle s'était déjà rassise. Je m'ébrouais et un malaise de quelques secondes s'installa, rendant l'atmosphère oppressante et le regard des autres pesant. C'est à cet instant que mon esprit se mit à se torturer de questions. Elle murmura un simple « désolé » et je sentis le rouge me monter aux joues. Malgré la gêne apparente, je réussis à articuler:

- Désolée ? Désolée ?! Mais ça va pas ?! C'était qui ce type d'abord ? L'agent secret de ton ex ou un autre truc tordu du genre ? Tu essayes de m'arnaquer, c'est ça ? Avoue !


Je m'étais penché sur la table en la menaçant avec ma petite cuillère. La rage et la sincérité y était pourtant, mon arme pour le moins ridicule rendit tout de suite ma menace moins crédible. De plus, la serveuse aux allures de Pamela sans le maillot rouge me dévisageait depuis plus de cinq minutes ce qui ne m'aida pas à retrouver mon calme. Je lui lâchais un « Qu'est ce que tu regardes, Barbie ? » pour le moins désagréable et je me rassis calmement dans mon siège, replaçant ma cuillère dans sa tasse et la remuant avec délicatesse. Je pris une grande inspiration et fronçais les sourcils, prenant un air faussement fâché.

- T'as de la chance que t'embrasses bien, la parano, sinon, je t'aurais démoli la tronche à coup de cuillère à café.

Je sirotais le fond de ma tasse et me relevais. Je me raclai la gorge et me penchais vers la jeune femme pour lui murmurer quelques mots avant de m'enfuir dans les toilettes du café.

- Viens avec moi si t'as pas envie que ça se transforme en scandale publique et je crois savoir que tu aimes la discrétion. Je ne vais pas te découper et te transformer en hamburger, t'en fais pas pour ça.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Drink up (coffee) my hearties yo oh! [ Tyler & Selah ]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Drink up (coffee) my hearties yo oh! [ Tyler & Selah ]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

+
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fugitives :: Rues et ruelles-
Sauter vers:  
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forumactif.com